PRESSION MAXIMALE, de Mickaël Mongin et Jérôme Léonard
Pour vous laisser pleinement apprécier l'œuvre (et parce que Mr Mongin me fait pression avec un flingue sur la tempe) je ne vais pour l'instant pas pouvoir parler vraiment en profondeur du film comme j'aurais voulu le faire,afin d'éviter les spoiler, et ça se comprend. Néanmoins, même si je vais éviter de trop en révéler, il est tout de même évident qu'il est préférable de voir, ou d'avoir vu, le film avant de lire cet article. Ceci étant dis, lançons nous de plein pied dans ce film.

Si Pression Maximale était très attendu dans la petite communauté amateur, c'est parce qu'on sentait à la vue des teasers et des précédents travaux du réalisateur que viendrait un film de la trempe d'un Surrender, ou d'un Survival, qui tirerait le genre amateur vers le haut. Et cette attente a été plus que récompensée, car personne ne s'attendait à tomber sur un film aussi réussi, moi le premier. Car, s'il est vrai que techniquement, Pression Maximale est moins réussi que les deux films que j'ai cités plus haut, dans son ensemble, c'est tout autre chose. Sous la surface explosive se cachent un travail exemplaire du découpage et de la mise en scène, ainsi qu'une vraie déclaration d'amour au cinéma d'action et du Buddy Movie (L'Arme Fatale n'est vraiment pas loin !)

Le film, il est vrai n'est pas exempt de tout défaut, et pour finir sur une touche positive, c'est par de ce côté là que je vais commencer. Avant tout ce qui dérange, c'est ce mode automatique, qui de suite fait pâle figure à côté de la qualité du reste. En effet, ils sont nombreux les plans où le diaph pompe et où la mise au point n'est pas toujours au top. Résultat, pas mal de plans son surexposés ce qui est bien dommage, surtout quand cela empêche d'apprécier les décors du Sud de la France. Fort heureusement, ils ne gâchent jamais la lisibilité d'une scène, mais par exemple, c'est vraiment dommage pour les scènes de voiture où ce trop plein de lumière vas jusqu'à faire briller la tronche des protagonistes. On regrettera  quelques petites fautes de français aussi qui feront tilt à l'oreille des puristes de la langue de Molière, d'autant que les dialogues sont la plupart du temps très bien écrits. Mais honnêtement, ça me fait chier de descendre ce film, comparé à tout le bien que j'ai envie d'en dire, mais bon, faut bien passer par là. Car, c'est sans parler des faux raccords foireux, mais ça, j'ai envie de dire que c'est un peu la marque de la Triskel Prod. Et puis franchement, les faux raccords ne sont vraiment pas gênants dans la mesure où ils ne perturbent pas l'intrigue et que lorsqu'on est à fond dans le film, on ne les remarque même pas.

Mais assez parlé des défauts techniques ! Il serait trop facile de laisser ces petits désagréments supplanter toutes les qualités de la conception du film. Tout comme dans Surrender, on se retrouve ici avec une mise en scène en caméra portée qui se met au service de l'action sans en altérer sa lisibilité. Même si on est loin de l'aspect pris sur le vif de ce dernier, la démarche est la même, une caméra à l'épaule qui intensifie la nervosité mais qui n'empêche pas la compréhension. Et il est bon de voir que notre cher réalisateur Marseillais ne se contente pas d'un seul style de réalisation, et qu'il sait poser sa caméra sur les scènes de dialogue ou de pur comique.
L'œil se repose et on apprécie ainsi d'autant plus de découvrir les personnages attachants cachés derrière les flingueurs. On ressent également bien mieux que dans Pression Constante l'amitié qui unis Max et Raphaël. Dans le premier film, ils n'étaient pour ainsi dire que de simples collègues qui se connaissaient bien, dans Pression Maximale ce sont deux amis avant tout, et cette vision des choses change complètement la donne. A mon sens, les séquences qui illustrent le mieux cet aspect sont celles du commissariat. Les deux personnalités des protagonistes se dessinent tout naturellement, le tout dans une ambiance bon enfant et réellement drôle. Et on sait tous que c'est très difficile de faire rire au ciné, et que la peur du bide est le pire des vertiges. Pourtant il suffit de voir la séquence où les deux bonhommes cherchent une nouvelle voiture de fonction, ou celle des dossiers (juste parfaite de tous les points de vue) pour se rendre compte que l'équipe de la Triskel Prod a réussi son coup. Des moments de légèreté qui font oublier la tension et la violence qui attendent les deux flics à l'extérieur.

Des personnages travaillés auxquels on ne peut que s'attacher, c'est surtout ça le secret du lien que crée Mickaël Mongin entre son film et les spectateurs. Avec un lien aussi fort, la tension devient extrêmement efficace dans les scènes d'action. On dépasse le statut du simple spectacle parce qu'on sent les personnages réellement en danger et que l'on a toujours envie qu'ils s'en sortent. Quand on a le spectateur derrière soit, on peut tout se permettre, parce qu'il suivra quoi qu'il arrive. Et justement, le réal se permet tout ici, jonglant parfaitement entre rires et larmes, légèreté et réalité. Une réalité dure en totale opposition avec le côté chaleureux des scènes intimistes, allant jusqu'à un twist à mi parcours qui en mettra plus d'un sur le cul. Un retournement de situation qui fait réellement mal et qui constitue là un réel grand moment de cinéma (et je pèse mes mots). A la Triskel prod, on a des couilles, et on le montre, parce que c'est aussi ça un bon film : savoir faire mal au spectateur au moment où il s'y attend le moins.

A ce niveau, je pourrais parler de l'intelligence de la mise en scène pour arriver à décrypter un peu le pourquoi ça marche (selon moi bien-sûr, je ne prétend pas affirmer quoi que ce soit). Montrer comment le réalisateur brouille les pistes pour en amener de nouvelles. Mais là, j'ai un gros tampon "CENSURE" qui s'abat sur ma tronche, envoyé par le bras de notre petit Marseillais qui entend bien préserver toute l'efficacité de son film, et il a raison ! En même temps, après réflexion, je pense que ce coté est au final assez clair lorsqu'on prend le temps d'analyser tout ça sérieusement comme on le ferait sur un vrai film.

Ce qui clair aussi, c'est que tous ceux qui participent à ce film prouve un réel intérêt pour un cinéma de divertissement, qui nous manque cruellement ces derniers temps si vous voulez mon avis. On sent bien ici l'influence de tous ces films d'action des années 80/90 où le genre n'était jamais pris de haut et où le but était d'offrir un pur moment de fun au spectateur. Pression Maximale c'est exactement la même recette, plus encore que sur Pression Constante. Les acteurs y croient, l'histoire et travaillée, avec une manière très habile de mettre en avant une intrigue classique de trafic de drogue pour cacher une sous intrigue intimiste et percutante. Alors oui, le film n'est pas parfait sur le plan technique, mais sur tout le reste, je le dis sans exagérer, c'est un exemple à suivre. A tel point qu'on en oublie son statut d'amateur qui pourtant est visible sur de nombreux détails. Des trucs tout cons qui montrent les dessous du système D de façon plus ou moins implicite, dans les décors, les accessoires, les quelques maladresses, etc...
Honnêtement, ça m'emmerde de m'arrêter là, et j'ai encore tellement à dire dessus ! Mais ce serait priver le film de pas mal du plaisir qu'il procure. Je reviendrai donc dessus dans quelques temps, quand il aura était vu et digérer, mais pour l'instant je ne peux que conseiller de se le procurer lorsque sortira le DVD ou quand viendront les projections.


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Commentaires  

 
0 #3 triskell 2009-05-14 00:28 ^^ wè je l'est sortie sur le net sur un coup de tête , vu que la projo que je devais faire fin mai a été repoussé. Citer
 
 
0 #2 jycedo 2009-05-13 22:16 En fait je l'ai mis en ligne quand je ne savais pas encore que tu sortais ton film si tôt … Citer
 
 
0 #1 triskell 2009-05-13 20:57 le beau article de bdbod Citer
 

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